Sédentarité et inactivité physique : focus sur un mal du siècle
En quoi consiste la sédentarité, ses effets négatifs, et comment le yoga aide à la contrebalancer.
Annoncer que le yoga est bon pour la santé, c’est bien ; expliquer pourquoi, c’est mieux. Je te propose ici un tour d’horizon de la notion de sédentarité et d’inactivité physique, que l’on peut désigner comme le « mal du siècle », et contre lequel le yoga peut offrir des solutions.
(Toutes les sources et analyses sont disponibles en fin d’article)
Qu’est-ce que la sédentarité ? Focus sur un problème de santé publique.
La sédentarité est distincte du manque d’activité physique. Elle correspond à « toutes les situations passées en position assise ou allongée en période d’éveil ».
Elle se caractérise par deux critères :
- Immobilité prolongée
- Dépense énergétique faible
La sédentarité a des effets négatifs sur l’organisme humain, car elle renforce l’apparition de certaines pathologies (détaillées plus bas). A contrario, du point de vue scientifique et médical, il est établi que rompre avec la sédentarité entraîne des bénéfices sur la santé.
Pourquoi je t’en parle ?
J’ai passé 10 ans à travailler dans le numérique et la formation. J’étais aux premières loges pour observer à quel point la sédentarité s’installe vite chez autrui à force de travailler ou de passer son temps de loisirs devant un écran. La sédentarité encouragée par le numérique est une réalité documentée au niveau sociologique et médical. Elle est visible au quotidien, et impacte des milliers de personnes. Contrebalancer cet effet négatif de l’hyperconnexion est l’une des raisons principales pour lesquelles je me suis reconverti comme professeur de yoga.
Quels sont les effets négatifs de la sédentarité sur la santé ?
La sédentarité se retrouve particulièrement dans le milieu du travail, mais aussi dans le cadre privé. Toutes les catégories d’âge sont concernées, des plus jeunes aux seniors. Elle favorise un certain nombre de pathologies, et, à ce titre, constitue une cause de morts évitable.
La sédentarité et le manque d’activité (voir plus loin) sont deux facteurs de risque sur la santé, indépendants l’un de l’autre, mais qui peuvent se cumuler. Ils sont tous deux très difficilement compensables.
Pathologies associées à la sédentarité
À partir des sources médicales et de recherche disponibles, on observe que l’association de la sédentarité avec l’inactivité physique offre un cocktail morbide.

Les chiffres de la sédentarité en France
Les statistiques sont éloquentes. D’après les résultats du Baromètre de Santé publique France 2024 :
- En 2024, 28 % des adultes âgés de 18-79 ans déclarent passer plus de 7 heures par jour en position assise.
- Cette proportion excède 40 % chez les 18-29 ans, les personnes les plus diplômées, ainsi que les cadres et professions intellectuelles supérieures.
- Les étudiants, les cadres et les personnes travaillant régulièrement en télétravail sont les plus exposés à une sédentarité élevée (temps assis supérieur à 7 heures par jour).
Une population informée, mais qui ne mise pas forcément sur l’activité physique
Point positif, la recommandation de se lever régulièrement est plutôt bien intégrée.
- En France, la quasi-totalité des adultes (98,1 %) connaissent la recommandation de 2024 d’interrompre au moins toutes les deux heures une position assise prolongée.
- Neuf adultes sur 10 (88,8 %) l’intègrent dans leurs comportements en déclarant « se lever au moins toutes les deux heures » lorsqu’ils restent longtemps assis.
- Neuf adultes sur 10 (88,7 %) pensent qu’il est recommandé de le faire plus souvent que toutes les deux heures
- 36,7% pensent qu’il est recommandé de le faire toutes les 30 minutes, fréquence recommandée par l’Anses depuis août 2025
- 35,5% pensent qu’il est recommandé de le faire toutes les heures
Le problème est que se lever ne suffit pas, il faut aussi activer le corps ! Une pause-café-clope n’a rien à voir avec 10 minutes d’étirements doux, par exemple.
En plus de quitter nos confortables assises, il faut donc intégrer de l’activité physique – même modérée. Or, au vu des chiffres, c’est aussi là que le bât blesse.
L’activité physique pour remédier à la sédentarité
Il est tentant de simplifier en disant que, pour lutter contre la sédentarité, il suffit de se remettre en mouvement, voire au sport. Après tout, l’activité physique est un déterminant majeur de l’état de santé, de la condition physique, du maintien de l’autonomie, à tous les âges de la vie.
Il faut néanmoins nuancer cette proposition.
L’impact de l’inactivité physique
Cela fait des années que les professionnels de santé alertent sur la nécessité de lutter contre la sédentarité grâce à plus d’activité physique. Le message a tant été matraqué dans les médias qu’il est aujourd’hui impossible pour un adulte de dire qu’il ignore l’existence du problème, ainsi que ses causes.
Or, l’inactivité physique constitue une réalité pour un nombre grandissant de personnes.
- En France, près d'un adulte sur trois ne respecte pas les 150 minutes (2h10) d'activité physique hebdomadaires recommandées.
- À l'échelle mondiale, l'OMS classe l'inactivité comme le quatrième facteur de risque de mortalité.
« On est inactif quand on n'atteint pas les 150 minutes d'activité physique d'intensité modérée recommandées par semaine. La sédentarité, c'est rester trop de temps assis ou immobile. On peut être sportif mais sédentaire. » Maëlle Ranquet, fondatrice de La Fresque du Mouvement.
Bonne nouvelle : il n’y a pas toujours besoin de se mettre au sport pour corriger son inactivité !
Afin de réintroduire du mouvement au quotidien, des gestes simples suffisent. Prendre l'escalier plutôt que l'ascenseur, descendre un arrêt de métro plus tôt, ou passer ses appels en marchant ; ce sont des options indolores et à la portée de tout le monde.

Comment lutter contre la sédentarité grâce au yoga ?
Le yoga fait partie des options recommandées par l’ANSES pour pratiquer plus d’activité physique et quitter les postures sédentaires. Renouer avec son corps, mais aussi avec son état émotionnel ou mental, entraîne de multiples bénéfices pour celles et ceux qui le pratiquent.
Le yoga est néanmoins l’une des options à disposition. Sortir marcher dans la nature est une pratique tout aussi bénéfique !
Les limites du yoga comme solution contre la sédentarité
Le yoga contrebalance la sédentarité, mais ne la réduit pas, puisque cela suppose un changement profond de comportement et d’habitudes. C’est le mode de vie surtout qui doit être remis en question.
Combien de cours de yoga faut-il pratiquer par semaine ?
En fonction des objectifs visés, et s’il s’agit de contrer la tendance à la sédentarité, une séance de 45min à 1h par semaine est un strict minimum. Je rappelle que, dans l’idéal, il faudrait atteindre la barre des 2h10 d’activité physique hebdo... sachant qu’il est tout à fait possible de varier les plaisirs avec d’autres disciplines ou mouvements au quotidien.
Conclusion
La sédentarité est un phénomène social et médical, qui s’explique en grande majorité par notre mode de vie contemporain. Les conditions de travail, l’hyperconnexion, la poursuite du confort et du moindre effort contribuent à éliminer l’activité physique suffisante pour conserver sa santé physique et mentale.
La sédentarité et l’inactivité physique présentent de nombreux risques pour la santé, affectant divers aspects du bien-être physique et mental. Il est primordial d’adopter un mode de vie actif afin de prévenir ces risques et d’améliorer la qualité de vie.
Deux solutions sont recommandées : augmenter l’activité physique au quotidien, à l’aide d’activités adaptées comme le yoga, et améliorer à la fois ses habitudes et son environnement pour réduire la sédentarité.
Et si tu souhaites creuser un peu plus le sujet, je t’invite à regarder cette intéressante interview (en anglais) de Manoush Zomorodi, auteure de « Body Electric ».
Sources
- https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-08/guide_connaissance_ap_sedentarite_vf.pdf
- https://www.santepubliquefrance.fr/nutrition-et-activite-physique/activite-physique-sedentarite-et-alimentation-resultats-des-barometres-de-sante-publique-france
- https://www.mangerbouger.fr/bouger-plus/test-de-niveau-d-activite-physique-et-de-sedentarite-des-adultes
- https://sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/article/activite-physique-sedentarite-et-sante
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Sédentarité
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Sédentarité_(santé)
- https://sport.cnrs.fr/les-risques-de-la-sedentarite-et-de-linactivite-physique-sur-la-sante/
8.https://youtu.be/Hqb1863vYiY
9.https://www.inrs.fr/risques/postures-sedentaires/ce-qu-il-faut-retenir.html - https://euradio.fr/emission/4zej-euradio-a-lille/5da3-sedentarite-inactivite-physique-la-fresque-qui-remet-les-choses-en-mouvement?page=37
- https://www.who.int/news/item/26-06-2024-nearly-1.8-billion-adults-at-risk-of-disease-from-not-doing-enough-physical-activity
- Meta-analysis (2020) – « Sedentary Behavior and Cardiovascular Mortality: A Review » https://profiles.wustl.edu/en/publications/does-physical-activity-attenuate-or-even-eliminate-the-detrimenta
- Replacement of Sedentary Behavior by Various Daily Activities and Incident Type 2 Diabetes. Front Endocrinol, 2021. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8929188
- Obesity Study (2018) – « Physical Inactivity and Obesity: A Global Perspective » https://www.un.org/development/desa/dspd/wp-content/uploads/sites/22/2019/09/WHO_GAPPA_2018-2030.pdf
- Mental Health Meta-Analysis (2017) – « Sedentary Behavior and Depression: A Comprehensive Review » https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7026102
- Journal of the National Cancer Institute (2020) – « Physical Inactivity and Cancer Risk » : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7931121/
- The Lancet (2021) – « Global Mortality Attributable to Sedentary Behavior: A Public Health Challenge » https://www.thelancet.com/journals/langlo/article/PIIS2214-109X(22)00464-8/fulltext
- Lancet Global Health**, 2018. https://link.springer.com/rwe/10.1007/978-3-030-45009-0_40
- The Lancet, , 2016, Does physical activity attenuate, or even eliminate, the detrimental association of sitting time with mortality? A harmonised meta-analysis. https://profiles.wustl.edu/en/publications/does-physical-activity-attenuate-or-even-eliminate-the-detrimenta
